• CR Embrun Sebastien

    L’EMBRUNMAN vécu par Seb

    J-3 : Tout commence lors du retrait des dossards où la pression commence à monter. Beaucoup de déballage de matériel, certains s’observent… Bref comme dirait Pascal, c’est le jour des « champions de la veille » !

    J-1, petite reconnaissance du parcours à vélo le matin avec Olivier et Stéphane avec la montée partielle de la route des Puys. Comme promis ça monte ! L’après-midi c’est le moment de déposer les vélos dans le parc et de prendre véritablement la mesure de l’évènement. 15OO vélos, c’est très impressionnant et on se dit que pour la natation cela risque de frotter un peu… mais on verra bien demain. Vient l’heure du briefing sous une chaleur écrasante où toutes les consignes sont données. Nous trainons sur la plage jusqu’à 19H30 et il est ensuite temps de regagner l’appartement d’Olivier où je suis hébergé avec Pascal. Seul problème, il y a 4 bons km à pied pour y aller et je ne tiens pas à laisser toutes mes forces la veille. Là encore pas d’inquiétude, Olivier est rassurant et nous dit « c’est bon de se dégourdir les jambes la veille… »

    Fin de soirée à 23h et lever  à …….

    Jour J : 3h du matin : petit déjeuner énergétique et j’avoue que j’ai un peu la boule au ventre mais ça passe, j’arrive à manger.

    4h45 : Nous arrivons dans le parc. Vérif du matos, installation, bref le temps passe très vite et l’atmosphère est tendue. Tout le monde est affuté et ça risque de jouer des coudes au départ !

    5h55 : Nous sommes tous derrière la ligne, derniers encouragements, musique à bloc, speaker super chaud, l’émotion m’envahit un peu car en plus il fait nuit et des milliers de spectateurs sont déjà présents sur le site.

    6h00 : PAN, c’est parti. Je me suis mis sur le côté et même si je ne vois pas grand-chose je nage à bloc jusqu’à la 1ere bouée, ça frotte un peu (les coupures sur la combi le confirment) mais cela passe bien quand même. Je trouve ensuite une nage régulière, fais les intérieurs et je prends du plaisir à nager. Le 2e tour se fait sans encombre et je sors de l’eau dans les temps fixés.

    Transition 1 : les mayennais sont déjà sur le bord du parc pour nous encourager, ça file un coup de boost mais la route est encore longue.

    Vélo : Ma principale inquiétude était d’avoir des ennuis mécaniques ou physiques. Comme reconnu la veille, ça monte dès le départ et les spectateurs déjà nombreux sur le bord nous encouragent. Je suis frais mais je ne veux pas me laisser prendre au jeu et monte à mon rythme (merci les copains pour le conseil…) Beaucoup me doublent mais on se reverra peut-être plus tard. 

    Du haut de la route des Puys je profite pour regarder le lever de soleil sur le lac et c’est magnifique. Mais bon, pas le temps de faire du tourisme car il reste encore plus de 170 km à faire…

    Je croise nos supporters mayennais et trouve ma vitesse de croisière pour le retour sur Embrun au bout de 40km et c’est parti nous nous éloignons du site et partons sur les petites routes pour prendre la direction de l’IZOARD. La vallée du Guill est « relativement » roulante mais la chaleur est déjà présente, attention de bien boire ! Finie la vallée, je tourne à gauche et c’est parti me voilà dans l’IZOARD et me souviens des conseils (ne pas partir trop vite, tourner les jambes…)

    1h30 d’ascension. Je suis déjà depuis plusieurs km à côté d’un gars et lui dis « Ca grimpe vraiment !  Quel chantier !» J’insiste un peu mais il ne répond pas. Je me dis « Quel c** !»  et puis il me regarde, me fait signe qu’il ne comprend pas et je percute tout juste qu’il est … espagnol ! Là encore je croise Alain T. qui me dit qu’Olivier n’est pas loin et je me dis que j’ai peut-être été un poil vite vu la différence de niveau entre nous 2. L’ascension se déroule pas trop mal sous un soleil de plomb à 7km/h. (On ne rigole pas SVP). J’arrive en haut et trouve mon ravito préparé la veille. Ca fait du bien un peu de réconfort. C’est parti dans la descente où je prends des risques avec des trajectoires au cordeau et fais une pointe à 90 km/h. Je sais également que ma famille et mes amis se trouvent après à la sortie de Briançon et oui……. Je les vois ça fait chaud au cœur mais c’est très rapide, la course reprend ses droits. Direction la côte de PALLON, on m’avait prévenu, c’est pas long (1,9km) mais qu’est-ce-que c’est bon !

    Je ne suis pas déçu, un vrai mur tout droit où l’on voit le sommet dès le pied de l’ascension, un de mes pires souvenirs. Je suis collé à 6km/h avec un soleil de plomb. Heureusement que les spectateurs en masse nous encouragent. Je m’arrose les muscles, bois… et ça finit par passer. Les jambes durcissent un peu et il reste encore des km à faire.

    C’est ensuite le retour sur Embrun avec la route de l’aller que nous empruntons en sens inverse pour le retour. Mais… il reste la dernière difficulté du jour à vélo qui est CHALVET. On m’avait prévenu et là encore pas de déception, c’est conforme aux dires, à savoir : c’est long (8km), très dur, du soleil, des spectateurs. Bref, l’enfer sur terre. Tous les spectateurs te disent que le sommet est à 300m, il y a comme un problème ! Là je souffre physiquement mais tout le monde est dans le même état, c’est plutôt rassurant… Ca y est c’est le ravito en haut et la difficulté est passée. Plus un coup de pédale à donner c’est la descente sur le parc mais attention la descente qui est très dangereuse (nids de poule…). C’est fait, 188km de vélo direction le marathon…  A cet instant, je me dis que j’irai au bout en marchant, en rampant, à 4 pattes bref il n’y a pas moyen que j’abandonne….

    Marathon : On m’avait prévenu, là encore « c’est un chantier » mais je ne m’attendais quand même pas à souffrir autant… C’est parti je trouve ma petite foulée et respecte mes allures en étant à 70%. Ca ne va pas vite mais je cours ! Le repérage de la marche à pied forcée la veille m’a permis d’appréhender la difficulté pour aller dans le centre-ville et je marche pour l’aborder. Le 1er semi-marathon ne  se passe pas trop mal car je ne marche pas beaucoup. Le 2e va être beaucoup plus compliqué… Je marche la moitié du temps, je vomis 3 fois mais heureusement les nombreux supporters mayennais et non-mayennais nous forcent à nous dépasser. Les parties plus roulantes ne le sont pas tant que cela et ne me permettent plus de récupérer mais tout le monde est dans le même état. J’arrive à Barratier avec Patrick qui encourage et ensuite je descends sur Embrun, ça y est je tiens le bon bout. Je retrouve quelques forces et me dis que la fin est proche. Une fois autour du plan d’eau je me dis qu’il faut faire bonne figure et courir jusqu’au bout (3km de l’arrivée). Je fais les derniers km à une vitesse correcte et retrouve les abords du parc. C’est la folie, spectateurs, speakers, amis… c’est la fête. Je savoure cet instant et en avais rêvé plus d’une fois à l’entrainement mais cette fois-ci j’y suis ! Une inquiétude cependant. Est-ce que je vais pouvoir prendre mes enfants au passage pour passer la ligne et…. Oui ils attendaient à 100m de la ligne. Je prends Mathys dans les bras et les filles courent devant moi (un peu vite je l’avoue lol). 14h14mn18s. Passé la ligne, tout s’arrête je perds l’équilibre et Pascal qui m’attendait me propose de ramener les enfants…

    C’est fait, je réalise : « I am an EMBRUNMAN ! »

    Je tiens pour terminer à remercier toute ma famille et mes proches, encore plus particulièrement Sandrine, Mathys, Albane et Zoé pour leur soutien, du fait de l’entraînement intensif ces derniers mois et des sacrifices faits à cet égard, tous les amis qui m’ont soutenus lors de la course, de la préparation et des vacances (caractère pas toujours facile, spéciale dédicace pour la rando d’Arsine), tous les copains d’entraînement pour tous leurs conseils pendant la prépa, Axel et Mona qui nous ont cédé leur lit la veille à Pascal et moi, c’est ça le triathlon pour tous (lol), aux nombreux supporters le long du parcours… en clair à tous ceux qui m’ont soutenu de près ou de loin ! Il y a en vous un peu d’Embrunman et j’espère qu’à travers cet humble récit vous aurez pu un peu le vivre de l’intérieur même s’il faut le faire pour ce rendre compte de la réelle difficulté de cet effort.

    Maintenant place à la récup…

    Seb


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